Gardant constamment un oeil sur la cité du même nom, le Château de Bourbon-l’Archambault véhicule encore la puissance des ducs du Bourbon, et de leurs descendant Henri IV, devenu roi en 1589. Après avoir été reconstruit la première fois au XIVè siècle par Louis, premier duc de Bourbon, la forteresse ne cessa d’être embellie par le duché avant de sombrer dans l’oubli en 1525, après la trahison du connétable de Bourbon.
Histoire du Château de Bourbon-l’Archambault
Le village antique de Bourbon appartenait à la cité des Bituriges. Ancienne capitale de la seigneurie de Bourbon (avant Moulins), la ville doit son nom à ses seigneurs, dont neuf portèrent le nom d’Archambault, entre le Xe au xiie siècle.
La lignée des sires de Bourbon est connue depuis Aymar de Bourbon († 953). Cette première lignée donna au château son nom et son importante assise foncière. Le premier et ancien château en bois des environs de l’an mil fut peu à peu remplacé par un château de pierre, orné de tours rondes à partir du xiiie siècle.
Mahaut de Bourbon (v. 1160 † 1228) héritière de cette famille chevaleresque, apporta le château dans la maison de Dampierre, par son mariage avec Guy II de Dampierre, connétable de Champagne.
Entre le XIIIe et le XIVe siècle, le château devint une puissante forteresse, agrémentée de quinze tours. Les Dampierre se fondent dans la maison de Bourgogne, puis celle-ci, le mariage d’Agnès de Bourgogne, avec le prince Robert de France (1256-1317) dans la nouvelle maison de Bourbon, désormais de sang royal.
Louis Ier de Bourbon, premier duc de Bourbon, fils d’Agnès de Bourbon, et petit-fils de saint Louis, choisit de faire embellir sa forteresse. Il fait édifier une « sainte Chapelle », ruinée depuis. Non loin, il jette les fondements du donjon de son château de Moulins. Après une revendication de Louise de Savoie puis la trahison du connétable Charles de Bourbon, le duché de Bourbonnais et le château de Bourbon fut incorporés au domaine royal (1521-1523).
La confiscation par François Ier en 1523 se fit au bénéfice de sa mère, Louise de Savoie, comtesse douairière d’Angoulême, devenue en 1515 duchesse d’Angoulême et d’Anjou et comtesse du Maine, qui revendiquait le duché de Bourbon à cause de sa mère Marguerite de Bourbon (1438-1483). À la mort de Louise de Savoie, le domaine et le château entrent dans le domaine royal. François Ier accorde Bourbon en 1544 à son dernier fils Charles de France, duc d’Angoulême et d’Orléans (1522-1545), mais ce dernier meurt sans héritier l’année suivante.
Après plus d’un siècle dans les mains de la Couronne, le duché de Bourbonnais est de nouveau érigé en 1661, au profit de la branche de Condé de la maison de Bourbon, au bénéfice du « Grand Condé », victorieux à Rocroi en 1642, Louis II de Bourbon-Condé, prince de Condé, duc d’Enghien, etc., pair de France, premier prince du sang.
Le château servit alors pour loger les princes et princesses venant prendre les eaux dans cette bourgade, au cours du xviie siècle dont la vogue était générale en France pour le soin de certaines maladies.
Un incendie ravagea une partie du château au xviiie siècle. Le prince de Condé le fit restaurer en état de conservation, sans y ajouter d’embellissement, hormis une horloge sur la tour Quiquengrogne, visible depuis le bourg de Bourbon-l’Archambault.
Au retour des Bourbon-Condé, à la faveur de la Restauration, le domaine est récupéré par cette maison, qui s’éteint toutefois en 1830.
Au XIXe siècle, la forteresse échoit, par testament du dernier prince de Condé, au jeune Henri d’Orléans (1822-1897), alors âgé de huit ans, avec le château de Chantilly et plusieurs autres domaines importants de la maison de Condé.
Le château a été classé Monument Historique en 1862. Le duc d’Aumale laisse s’y organiser un petit musée dans les ruines pittoresques.
Pour préserver l’avenir de ce bien dans l’héritage royal, le « comte de Paris » décide de l’inclure dans une fondation familiale, la fondation Saint-Louis, en 1974. Il en devient le président d’honneur, fondation destinée à préserver les monuments les plus importants des Orléans en les soustrayant aux risques de dispersion qu’engendrent parfois les partages d’héritages.



